25 août

Plus qu’un précurseur

Premier garçon égyptien à participer aux Euro Mini Champ’s l’an passé, Youssef Abdelaziz est encore présent cette année et compte même parmi les favoris. Derrière lui, son pays commence à pointer le bout de son nez dans les plus jeunes catégories.

 

Youssef Abdelaziz : « J’aime beaucoup les Euro Mini Champ’s, c’est une très bonne expérience. » Photo DNA – Michel Frison

 

À le regarder jouer, certains pourraient penser qu’il est presque indifférent à son sport. Calme, appliqué, le garçon d’à peine douze ans, sort rarement de ses gonds, aussi bien dans les bons que dans les mauvais moments.

Mais l’impression est trompeuse. Youssef Abdelaziz est loin de considérer le tennis de table comme un passe-temps.

 

En Égypte, au Caire plus précisément dans son club d’Al Alhy, l’un des plus célèbres du pays, il y consacre de « 14 à 16 heures par semaine » selon son entraîneur, Mohamed Abdel Hamid. Quasiment la même durée que les deux membres de l’équipe de France inscrits dans sa catégorie, Irvin Bertrand et Joris Reynaud.

 

« L’Égypte s’est vraiment mise au tennis de table il y a une quinzaine d’années, explique Claude Bergeret, entraîneur national à la fédération française et chargée des relations internationales. Ils commencent à en récolter les fruits chez les seniors et les plus jeunes sont dans la même dynamique. »

 

Le pays compte ainsi une femme parmi les 200 meilleures mondiales et trois hommes entre la 100 e et la 200 e place du classement international. Et l’Égypte possède également son Open, inscrit jusqu’en 2010 au calendrier du ProTour.

 

« Un Centre national de tennis de table a vu le jour au Caire il y a quelques années, reprend la championne du monde en double mixte avec Jacques Secrétin en 1977. Beaucoup d’entraîneurs européens y sont passés pour amener leur savoir-faire. »

 

Pour l’heure, Youssef Abdelaziz ne l’a pas encore intégré. « Notre fédération ne s’intéresse vraiment aux joueurs que lorsqu’ils sont juniors », détaille le coach de l’intéressé sans s’en plaindre car il peut compter sur un club qui les « aide beaucoup ».

 

« LE MEILLEUR AFRICAIN DE SON ÂGE »

Cette saison, le garçon a ainsi pu disputer quelques tournois hors de ses frontières comme en Algérie, Suède ou encore Irak et s’apprête à se rendre au Portugal puis au Koweït avec son équipe nationale pour les championnats arabes.

Des sorties bénéfiques tant le niveau du tennis de table avoisinant n’est guère comparable à celui pratiqué en Europe et encore moins en Asie.

 

« La qualité n’est pas très bonne dans le Golfe arabique, confirme Mohamed Abdel Hamid. En Afrique, il n’y a que la Tunisie et l’Égypte qui ont vraiment de bons joueurs. » « Pour moi, c’est le Nigeria la meilleure nation du continent, juste devant l’Égypte. La Tunisie n’est forte qu’en senior masculin », nuance Claude Bergeret.

 

Sans la fédération internationale (ITTF), Youssef Abdelaziz, n’aurait pu prendre part aux Euro Mini Champ’s (EMC) l’an passé et cette année. Mais son absence aurait été contraire aux objectifs que poursuit la sélection « ITTF Hopes » qui compte douze pongistes lors de cette édition. « On veut être présent sur tous les continents, détaille Dejan Papic, l’entraîneur en chef de cette « délégation ». C’est le meilleur Africain de son âge donc c’est logique qu’il soit là. Le tennis de table est de plus en plus populaire en Égypte et on espère maintenant qu’il se développe un peu partout sur le continent. »

 

En attendant, Youssef Abdelaziz pourrait en être le premier représentant vainqueur des EMC. La première égyptienne à participer, Salma Khaled, avait terminé 26 e en 2009. Lui veut mieux. « J’espère être premier ou deuxième, dit-il timidement. La suite ? J’aimerais être professionnel, c’est mon but, je n’ai pas d’autres idées. »